Chapitre 1 - Tout n'est qu'une illusion.

 Chapitre 1 - Tout n'est qu'une illusion.

Chapitre 1 - Tout n'est qu'une illusion.


J'aime danser. Me sentir enfin légère, volant dans les airs, laissant la beauté du ciel m'emporter au gré du vent, contempler ce ciel bleu azur, frôler les nuages, tout n'est que beauté dans la danse. Les danseuses me fascinent. Petit rat de l'Opéra Garnier ou Bastille (Garnier a cependant ma préférence), danseuse étoile, la consécration de toute une vie. Une vie c'est court, alors pourquoi n'en profitons-nous pas pleinement ?
Les danseuses, faites de douceur et de légèreté, ne sont que merveilles, semblables à des joyaux, elles sont uniques et irrésistibles. "Elle danse, éphémère et légère." Il est alors possible d'imaginer des scènes féériques toutes plus belles les unes que les autres, un instant de poésie dans un monde de malheurs. Puis vient la chute, si douloureuse qu'on ne se relève pas toujours.
Je fais souvent ce rêve d'un monde meilleur, d'une vie agréable et d'une existence enfin en paix. Mais ce n'est qu'un rêve. Chaque être humain a besoin de rêve et de magie pour exister. Comment continuer à vivre sans espoir ? Autant ne plus exister.
La vie n'est malheureusement faite de d'illusions, tantôt douces, tantôt cruelles. A chaque instant nous devons en effet faire des choix, bons ou mauvais, qui affecteront notre existence. Il n'y a parfois plus d'issue valable, mais il nous faut continuer à lutter, pourquoi ?

Cinq heure du matin. Paris s'éveille. Le soleil vient de se lever. Le calme parisien, un grand moment à vivre au moins une fois dans sa vie. Je ne sais pour quelle raison j'imagine des arbres à la place des immeubles en face de chez moi. Une forêt, de la verdure, et enfin je me sens respirer, revivre, exister pleinement. Des arbres à perte de vue et une allée, unique. Au bout de cette allée étroite et longue se trouve un lac.
J'ouvre la fenêtre imaginant un instant avoir changé d'arrondissement. Louvre, Monceau, Champs-Elysées ou encore Tour Eiffel, qu'importe ! Je rêve déjà à ces somptueuses façades avec moulures. Au dessus de la porte d'entrée donnant sur la rue : un ange, semblable à ceux de Michel Angelo ou Botticelli. J'apprécie la peinture.
Je lève la tête et compte en tout et pour tout six étages. Tout en haut, j'ai l'impression d'apercevoir une grande terrasse, avec vue sur Paris, le beau Paris. Je pousse la porte de cet immeuble de type Hausmannien.
Mon c½ur bat très vite. A mesure que j'avance dans ce long couloir je sens ma poitrine battre à tout rompre. J'ai peur. Je ne sais pas ce que je vais découvrir, mais je me revois enfant, comme avant de découvrir un trésor, une douce appréhension au ventre s'accompagnant de légers frissons. J'approche à pas menus et pousse une deuxième porte, plus lourde que la première, grande, noire et toute sculptée. Elle est parsemée de fleurs, des roses que j'ose imaginer rouges pour un symbole plus idyllique. Je reste béate d'admiration devant ce spectacle. Une grande cours s'offre alors à moi, remplie de fleurs, comme dans ces jardins raffinés que nous admirons et prenons en photo. J'avance encore et je fais face à une troisième porte, encore. Elle semble moins épaisse que les précédentes cette fois. Une serrure et un interphone. Je pousse délicatement cette porte qui s'ouvre comme par enchantement. Un ascenseur et des escaliers font alors leur apparition. Un tapis rouge m'invite à monter les marches de ce superbe escalier. Je monte les marches quatre à quatre. Mon souffle s'accélère, je vais vite, toujours plus vite, je veux arriver tout en haut de l'immeuble, je souhaite apercevoir ces pures merveilles.
Sixième étage, à bout de souffle je découvre une petite trappe dans le plafond. Je lève le bras et déroule alors un petit escalier. Je l'emprunte. Je retiens mon souffle. Je n'en reviens pas !!! Face à moi un petit paradis existe bel et bien, au beau milieu de la capitale : Paris ! Paris, ville Lumière aux mille couleurs, aux reflets dorés, argentés ou bleus, ville où tout est possible, paraît-il. Je contemple une table et des chaises en bois, un mobilier de jardin agrémenté de fleurs : des jonquilles, des roses et des tournesols. Deux chaises longues trônent au milieu de ce jardin dans le ciel, puis, au loin, tout au bout de ce petit coin de bonheur, j'aperçois une piscine. Je lève les yeux au ciel comme pour remercier notre Seigneur de cet instant jouissif.


5h45. 18ème arrondissement.
Mon père frappe à ma porte pour me signifier que je suis en retard. Me voilà brutalement sortie de mon moment d'évasion. Les fenêtres ont ce pouvoir de nous emmener n'importe où, mais quelque soit l'endroit, le bonheur est toujours au rendez-vous.
Je me dépêche d'aller préparer le petit-déjeuner de la famille, je suis tellement en retard ! Après avoir fait grillé les toasts, je les tartine de confiture de figue. J'aime la figue, ce goût si particulier qui vous transporte dans un autre univers le temps d'un instant.
Je prépare le café de mes parents, bien fort et à moitié amer, comme si leur couple n'était pas épanoui, comme un sentiment d'inachevé, un mauvais goût en bouche. Je fais chauffer le lait pour le reste de la famille et verse du cacao dans les bols. J'avale mon bol de chocolat chaud rapidement, mange une tartine et file sous la douche.
La douche : une torture le matin ! Je ne peux y rester que cinq minutes sans quoi mon père vient me rappeler à l'ordre : "l'eau coûte cher !" disait-il. Je sens l'eau chaude sur mon corps glacé, de la buée se loge sur le miroir d'en face. J'aime cette sensation de me brûler, comme pour me punir de toutes mes mauvaises actions, comme pour m'aider à expier mes pêchés. Il est déjà temps de sortir de cette cascade de jouvence, dommage !
Je m'habille en vitesse d'un jean classique et d'un corsage bleu ciel. J'attrape ma veste marine au passage, mon sac à main noir avec des étoiles blanches et me voilà déjà en route pour le métro !
Porte de Clignancourt. Je monte dans la ligne 4 et vais jusqu'à Chatelet. Je ne supporte plus tout ce monde, ça me fait tourner la tête. J'ai chaque fois l'impression que je vais tomber dans les pommes, m'évanouir mais pour revenir. M'évanouir, mais pas mourir, à quoi bon ? Autant se battre pour exister, même dans ces conditions. On me pousse. Je ne bouge pas. J'ai appris avec le temps à ne plus me laisser faire. Des gens s'insultent : je ne les regarde pas. Mon visage est presque collé contre la porte du métro. Je me sens grasse et sale. Je rêve d'entrer dans un bon bain bien chaud : un délice.
Me voilà en route pour la station Concorde. Je vais travailler dans un hôtel somptueux. Direction les vestiaires et je suis vêtue de ma tenue réglementaire. En route pour l'accueil. Oui, je suis hôtesse d'accueil en ce moment. Rien de très palpitant, c'est un boulot plutôt ingrat. Mon patron me mène souvent la vie dure et ça m'est égal : j'ai besoin d'argent. "L'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue."

14h30h. Vite, direction l'Université, j'ai un cours dans trente minutes. Me voilà arrivée en Sorbonne. J'aime cet endroit. Je cours dans tous les sens pour ne pas manquer le début du cours. Je salue une camarade de classe et sors mes notes datant du cours précédent. J'écoute avec attention mon cours, suspendue aux lèvres de mon professeur. Ce qu'il est brillant ! Serais-je aussi intelligente un jour ? Mon professeur est grand, très mince, voire maigre, les cheveux bruns foncés et les yeux marrons clairs. Il est très élégant et à fière allure quand il marche. Il est souvent vêtu d'un pantalon noir ou blanc, d'une chemise de couleur claire, et d'une veste assortie au pantalon. J'aime tout particulièrement son long manteau d'hiver, tout noir. Sans oublier son écharpe grise. Me voilà perdue dans mes pensées quand soudain je lis dans son regard qu'il se demande où je suis passée. Je reviens vite sur Terre et le cours se termine en beauté, comme d'habitude. Ce professeur est tout simplement fascinant.
J'enchaîne avec mon cours d'italien, métro Malsherbes. On a pas idée de faire changer les étudiants de locaux toutes les deux heures. C'est usant !
J'arrive à la faculté une nouvelle fois, dans une annexe et monte les marches des escaliers à toute allure, direction le deuxième étage. Ouf ! Les étudiants attendent la prof dans le couloir. La prof mais le professeur, oui, il est autorisé de dire "la professeur", mais je trouve ça laid pour tout avouer.
J'en profite un instant pour m'asseoir sur un de ces nombreux bancs verts. Ils sont assez larges et confortables. Le sol lui donne l'impression d'être en marbre. Les salles de cours sont propres et modernes. C'est un univers très agréable et propice aux études.
Au loin, je peux entendre des pas, avec des talons. Je les reconnaîtrais entre mille : c'est elle. Je l'aperçois alors au loin, tout au bout du couloir. Ces cheveux noirs font ressortir son sourire et ses lèvres rouges foncées. Ces cheveux tombent en cascade sur ses épaules. C'est beau. Ses yeux marrons foncés semblent presque noirs par moments. Elle est très typée, mais ça lui va si bien ! Vêtue d'un jean bleu foncé et d'un haut marron, elle avance vers nous. Je la trouve vraiment très belle. J'aimerais être belle moi aussi.
Elle m'aperçoit et me fait un sourire. Je lui rends bien évidemment son sourire, m'apercevant que je me sens bien dans ma peau à cet instant précis. Je rentre dans la salle. Je m'assois à côté de ma voisine, qui est en réalité la seule personne avec qui j'ai pu tisser quelques liens : Sarah. Elle est moins brillante que moi mais je la trouve très gentille, le reste, ça m'est égal.
Le cours commence enfin. Nous lisons un texte d'Italo Calvino. Merveilleux. Je jubile intérieurement. La prof, que je nommerais ici Madame Z me demande de lire. Je jubile de nouveau, ce sentiment d'une grande jouissance m'envahit et c'est avec un immense sourire que je lis une partie du texte.
Madame Z est une excellente pédagogue. Je suis très timide généralement et c'est déjà la deuxième année qu'elle m'enseigne l'italien. La première année, j'étais heureuse mais timide, et cette année, je me sens pleinement sereine et à l'aise. J'ose participer à l'oral et lever la main en classe pour poser une question. Quand j'ai un doute et que je fronce les sourcils, elle me demande ce qui ne va pas. Elle a le don de sentir le malaise d'un élève, ou tout du moins, le mien. Elle me remercie en italien d'avoir lu un extrait du texte et ajoute que j'ai bien lu. Je jubile de nouveau et m'extasie face à cette adorable Madame Z.
Puis, nous enchaînons sur un débat, et elle demande les opinions des uns et des autres. Je donne mon opinion sans peurs ni craintes. Madame Z ne me fera aucun mal, je le sais tout au fond de moi, j'en suis intimement convaincue. Elle ne se moquera pas de moi si je n'arrive pas à m'exprimer correctement, elle sera capable de patienter plusieurs minutes si j'ai besoin de chercher mes idées et elle remettra en place le reste du groupe s'il y avait un problème.
J'ai toujours voulu enseigner, mais elle m'a donné encore plus le goût de l'enseignement. Merci Madame Z, du fond du c½ur. Cette année, j'ai même fait plusieurs exposés. Cette sensation merveilleuse de faire partager quelque chose au reste de la classe m'a contaminé. Avec mes autres enseignants, je ne me sens pas aussi à l'aise. Mais Madame Z, je vais devoir la quitter l'an prochain. Je suis vraiment triste, surtout que, je n'aime pas le changement, et encore moins quand il est mauvais.
Mais si jamais j'ai l'occasion d'aller dans ces cours en auditeur libre, et j'espère qu'elle sera d'accord, je le ferais avec un bonheur inimaginable. Et puis, j'aurais peut-être besoin d'elle pour mon mémoire. Elle pourra alors m'apporter son aide et m'aider à moins redouter le jour de la soutenance. Pour l'instant, elle me manque, l'Italien me manque, ma bouffée d'air frais, mon oxygène me fait défaut. Je ne me sens plus entière.
Le cours se termine déjà. Il est passé trop vite, comme toujours. Ce cours pourrait durer quatre heures, je n'en serais que plus heureuse.
Je rentre vite chez moi et arrive vers vingt heures. Je prépare le dîner et nous mangeons tous ensemble, autour de la table, comme une famille "unie".

21h. Je monte ensuite dans ma chambre pour étudier. Je suis fatiguée mais je n'ai qu'une heure pour étudier mes cours alors je me concentre le plus possible. Une heure plus tard, me voilà en route pour mon deuxième travail : barman en discothèque. J'ai trouvé ce petit boulot en plus et j'ai tellement besoin d'argent. J'ai pris soin avant de m'habiller chaudement, afin de ne pas attirer les regards. Qui voudrait d'une fille grosse et vêtue d'un pull à col roulé ? Jusqu'à présent : personne ! Et c'est tant mieux ! Je n'ai pas le temps pour ces choses-là, ces enfantillages comme dirait mon père.

Me voilà donc entrain de servir des cocktails de toutes les sortes pendant de longues heures. La musique me réconforte, heureusement. J'aime la musique, passionnément. J'écoute les paroles avec attention tout en gardant le sourire pour ne pas perdre mon emploi. Parfois, certaines paroles méritent plus d'attention que d'autres : "Poser ma pierre l'édifice, c'est ma manière d'exister" (Charisme - Wallen/ Rohff) ou encore "Pardonne-moi si je te délaisse, si je m'éloigne encore [...] Je ne sais plus comment t'aimer. [...] Dis-moi si on se perd, ce qu'on doit faire." (Comme avant - Sherifa Luna feat Mathieu Edward). Je deviens alors pensive et sers les cocktails tel un robot à l'usine. Certains passent du temps à mettre des papiers dans des caisses, moi je me contente de faire des mélanges et de les verser dans des verres, la tête ailleurs.
Durant la nuit, je me sens plus sereine, la monde semble devenu plus doux et pourtant... Ayons une pensée pour ceux qui dorment dehors, pour ceux qui meurent de faim, pour ceux qui travaillent dur et qui n'ont pas les moyens de se loger...
La nuit est à la fois harmonieuse et paisible mais aussi révélatrice de toutes les injustices de notre société.
Mon regard se pose sur un couple rayonnant. Lui, est grand, mince, les yeux verts et les cheveux châtains. Elle, grande, ronde, les yeux marrons clairs et les cheveux blonds, le dévore des yeux et n'arrête pas de sourire. Tous deux dansent encore et encore au rythme de la musique. J'ai la musique dans la peau, mais je n'ose pas danser devant les autres. Je me sens ridicule, comme toujours, pour tout.

2h du matin. Je rentre chez moi, enfile un pyjama bien chaud et plonge dans mon lit.
Le réveil sera rude demain matin, comme chaque jour que fait la vie. Alors je m'endors rapidement, pour ne pas perdre de temps et rêver encore, à un monde meilleur.

# Posté le mercredi 17 septembre 2008 17:15

Modifié le mercredi 17 septembre 2008 17:58

Prologue.

Prologue.


Au commencement l'Homme était doux et sensible, avec des manières de rustre certes mais, il était juste. Il devait lutter physiquement pour se nourrir, l'homme se chargeait de rapporter les victuailles et la femme de les préparer pour en faire un délicieux repas. La vie était faite de petits plaisirs : des bonheurs simples, mais fréquents. L'être humain savait se débrouiller en toute situation.
Tuer une bête n'est plus courant de nos jours, ou faire un feu de camp est devenu si rare que l'on admire les personnes qui savent en faire. Nous les prenons alors pour des personnes extra-ordinaires, alors qu'il y a plusieurs milliers d'années, une telle ineptie n'aurait pas pu arriver.
En effet, il n'en est plus rien aujourd'hui. L'Homme, plus communément appelé "être humain", est devenu mauvais, pire encore : méchant et très cruel. Un tas de vices se sont emparés de lui et il n'arrive plus à s'en défaire.
Tantôt égoïste, tantôt violent, il ne pense qu'au pouvoir et à l'argent qu'il pourrait se procurer. Peu importe la manière de s'y prendre, seul le résultat compte.


Mademoiselle Bulle rêvait d'un monde léger et soucieux du bonheur d'autrui.

Bercée par de douces illusions depuis sa tendre enfance, elle décida d'écrire. Écrire pour rêver un peu, écrire pour adoucir son existence si banale, écrire pour partager ses joies et ses peines. L'écriture était devenue son échappatoire. Dès lors, elle écrirait chaque fois qu'elle le pourrait. Tout en espérant secrètement avoir quelques lecteurs, de-ci, de-là, sans trop y croire malgré tout, et elle commença sa tâche avec plaisir, le sourire aux lèvres.


23 ans déjà, "le temps me glisse entre les doigts", il file à vivre allure ne laissant pas l'occasion de se retourner en arrière. Il court, toujours plus vite, toujours plus fort.
J'ai froid. Il a neigé la nuit dernière et mes pauvres doigts sont encore glacés.
Nous n'avons pas les moyens de nous chauffer convenablement et mes vêtements ne me réchauffent pas assez, plus assez. Ils sont vieux et souillés, pourtant j'ai appris depuis l'âge de 7 ans à les rapiécer. D'ailleurs, ma mère trouvait que c'était trop tard, aurais-je dû en être capable 3 ans plus tôt ? Pour elle, oui, la réponse coulait de source évidemment.
Nous venons de finir de dîner, il est 21 heures et j'ai préparé le repas avec plaisir, comme toujours. J'aime cuisiner. Ce soir j'ai fait des pâtes, avec des crevettes, quelques morceaux de suri mi et un soupçon de mayonnaise. Chez nous, les crevettes sont devenues un produit de "luxe", alors je n'ai pas pu en mettre beaucoup, mais qu'importe ! Goûter ce goût si léger, si doux, avec une pointe de mayonnaise fût pour moi un vrai régal ! Un instant de délice dans une vie, c'est précieux.
Mon père est revenu très fatigué de sa journée de travail. Il ne parle pas de ce qu'il y fait au travail, mais j'ai vu dans ces yeux qu'il avait déjà hâte d'aller dormir.
Aujourd'hui, c'était mon jour de congé. Ce jour je l'apprécie énormément.
Habituellement, je travaille toute le semaine, mais j'étudie en parallèle car pour mes parents les études sont synonyme d'argent et de pouvoir. Et ça les fait rêver.
Mon père me dit intelligente mais ma mère me dit stupide, bête, idiote. Elle n'aime pas que je réussisse dans la vie et se compare sans cesse à moi. Je l'aime quand même, sans elle je n'aurais jamais pu exister, alors je lui dois bien ça. Et puis, je sais qu'elle a le c½ur sur la main, elle tente juste de ne pas trop le montrer pour que personne n'en profite.
Profiter des honnêtes gens est hélas devenu monnaie courante. Quelle honte !

Afin de parvenir à m'évader un bref instant, je regarde par la fenêtre une fois mes corvées terminées. Je suis toujours pensive, songeant aux milles merveilles qui peuplent l'univers. Ma mère n'aime pas cette attitude qui lui semble "molle". Je m'en fiche, et peu importe ce qu'elle peut s'imaginer : rêver adoucit la vie, alors ne nous en privons pas.
La fenêtre est une grande baie vitrée laissant place à l'imagination, sans cesse. Les rebords de celle-ci sont bleus, un bleu assez foncé pour laisser penser que la fenêtre est faite pour être contemplée de nuit.
La nuit est tellement magique. Je pourrais passer de longues heures à rester éveillée. Je me sens soulagée, apaisée de mes angoisses, comme si plus rien d'autre n'existait. Rien ne peut m'arriver et je me laisse alors prendre au jeu des rêveries incessantes mais très agréables.
Rêvons ensemble à une vie meilleure, pleine de magie et de joie.
Prologue.

# Posté le dimanche 14 septembre 2008 16:12

Modifié le mercredi 17 septembre 2008 18:00